Y comme à la racine des cheveux de Joséphine Noël

La vie de Joséphine Noël

Pour la lettre Y du challenge AZ, je vais vous raconter le destin funeste de Joséphine Noël.

Le 21 mai 1816, à Saint-Calais, dans la Sarthe, naît Joséphine Noël, fille de Julien Noël, vingt-trois ans, fabricant, et de Adélaïde Berthereau, sa femme.

La jeune fille perd sa mère lorsqu’elle a dix ans. Puis, son père décède l’année suivante. Quand elle se marie, le 11 avril 1840, à Vendôme, avec Bernardin Fleuriau, charpentier, elle a vingt-quatre ans. Elle est ouvrière en gants, à Vendôme.

Quelle vie va-t-elle avoir ? Aucun enfant ne naîtra dans le foyer.

Joséphine va être internée à l’asile psychiatrique de Blois.

Blois - asile

Le destin funeste de Joséphine Noël

Le 13 juillet 1867, Joséphine réussit à s’évader de l’asile d’aliénés. Vers trois heures du matin le garde Aligné de nuit l’aperçoit, sur la voie d’Orléans à Tours, à la hauteur du poteau km 177 700, 250 m en amont du pont Saint-Lazare.

Alors qu’il s’approche d’elle pour lui faire quitter cette zone dangereuse, Joséphine s’échappe en gravissant le talus. Elle franchit la haie et se sauve dans les champs, du côté de Villejoint. Les recherches organisées par l’asile sur les lieux restent sans succès.

Le lendemain, 14 juillet, à 2h25 du matin, le conducteur du train de marchandise 802, Chalaignes, allant à Orléans, voit un corps sur les rails et arrête son train. Au même moment, arrivant d’Orléans, le train 781, conduit par Lepage et Ligier s’arrête également, avant d’arriver au point de l’accident.

C’est le garde Aligné qui a la sinistre tâche de découvrir le corps. Il s’agit de celui de la femme qu’il a vu la veille et tenté d’attraper.

L’enquête sur la mort de Joséphine Noël

Quel train a percuté Joséphine ? Impossible à savoir.

Les employés enlèvent le corps pour le déposer dans la même position où ils l’ont trouvé, sur le bas-côté de la banquette, pour débarrasser la voie et reprendre la route.

Le commissaire de surveillance administrative, Camille Moreau, arrivé sur les lieux, ne peut que constater son décès.

Le corps est étendu sur le dos, les jambes et pieds nus, la tête a été frappée par le chasse-pierre de la machine, entre les deux sourcils, remontant en Y jusqu’à la naissance des cheveux, noirs et coupés à un pouce de long. La boîte crânienne est brisée et la cervelle projetée à terre et au loin, ainsi que des fragments d’os de la tête, le long du rail de gauche, sur quatre mètres environ.

C’est alors qu’un des gardiens de l’asile d’aliénés arrive de derrière la haie. Il identifie la femme comme étant bien celle qui s’est échappée de l’asile et qu’ils recherchent depuis la veille. La sœur supérieure de l’asile arrivée à son tour, reconnait le corps qui lui est confié et transporté à l’asile.

L’accident sera classé comme suicide dans un accès de folie.

Le 1er août 1868, soit un an après son décès, Bernardin Fleuriau se remarie à Vendôme. Il épouse Marie Anne Colas. Il décèdera trois ans plus tard, le 5 avril 1871, à l’hospice de Vendôme, à l’âge de cinquante-sept ans.

Christine LESCENE
Christine LESCENE

Généalogiste professionnelle depuis 1993 - formatrice en généalogie professionnelle depuis 1995 - Généa bloggeuse depuis 2008

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